About This Publication

Continuing the tradition of largely reporting international news, this issue contains a long resumé of a brief naval conflict (referred to as a “war” in the article) between Denmark and Great Britain, which took place between August and September 1807 during the greater Napoleonic Wars. Often referred to as the Battle of Copenhagen, this British attack of a Danish fleet was an effort to prevent Denmark from co-signing Napoleon’s efforts to expand France’s empire.

*Provenance: British Library

 

(  N u m é r o   32.  )

                                                                                                                                                           

 

GAZETTE OFFICIELLE

d e

L’ É T A T   D ’ H A Y T I ,

 

Du  Jeudi  10 Décembre 1807 , l’an quatrième de l’indépendance.

                                                                             

Chaque Peuple , à son tour , a brillé sur la terre.

Voltaire , Mahomet.

                                                                                                                  

 

Suite de la Guerre avec le Danemark.

 

Selon cette feuille , les premières mesures du gouvernement danois ont été remplies de vigueur et d’énérgie. Un proclamation rendue au château de Gottorf , le 18 Août , par le feld – maréchal prince Charles de Hesse , gouverneur-général des duchés de Sleswig et de Holstein , annonce qu’en conséquence de la guerre actuelle entre la Grande-Bretagne , il sera accordé des lettres de marque et de représailles contre les vaisseaux de sa majesté britannique , et contre les propriétés appartenant aux sujets britanniques , qui seraient trouvées à la mer.

Une autre proclamation , rendue le 16 par le général Peymann , gouverneur de Copenhague , après le débarquement des troupes britanniques , ordonne , au nom de sa majesté , vu le commencement des hostilités par les anglais , que toutes les propriétés anglaises , que toutes les propriétés anglaises , en Danemark , soit qu’elles consistent en marchandises , en argent , ou en créances soient déclarées immédiatement aux officiers de police de la capitale , afin d’y être mises sous le séquestre , sous peine à toutes personnes qui cacheraient ces propriétés et n’obéiraient pas à cet ordre, d’être regardées comme traîtres à la patrie.

Une troisième proclamation du gouverneur Peymann , porte en substance ce qui suit :

« Concitoyens , pour la seconde fois , le gouvernement anglais viole le droit des gens et

» trouble la paix dont nous jouissions. Pour la seconde fois , nous voyons la capitale attaqué

» d’une manière perfide. Nos ennemis ont choisi l’époque où nos frères d’armes étaient absens

» pour assurer la paix du pays. Mais ils ont méconnu nos forces et nos moyens de défense. Ils ont

» oublié que nous sommes inspirés et animés par le génie de Frédéric. Concitoyens , je suis

» chargé de l’honorable tâche de conserver notre honneur et nos maisons ; c’est avec ravissement

» que je vois votre courage et votre ardent amour pour la patrie . Vous n’avez pas besoin

» d’encouragement ; je suis convaincu que notre bien – aimé prince royal ne nous désavouera

» pas , lorsqu’il nous rejoindra   »

Deux lettres de Copenhague , du 18 , insérées dans le Correspondenten , disent que le 16 au matin , les anglais débarquèrent plusieurs milliers d’hommes près

 

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de Wedbeck , à trois milles danois de la ville ; qu’ils s’avancèrent ensuite le 17 , et occupèrent le château royal de Friedericksberg et les environs de la capitale ; que les chasseurs légers danois sortirent pour escarmoucher , qu’il y eut quelques hommes blessés de part et d’autre , et qu’ils ramènerent quelques prisonniers anglais. Les anglais , dit cette lettre , observent la discipline la plus stricte , et payent exactement pour tous les articles qu’om leur fournit. La flotte revenant de Rugen , a paru en vue hier au soir , et est venue mouiller vis-à-vis nos lignes de défense. La canonnade a commence hier matin , et continue encore. Nos chaloupes canonnières ont pris hier deux transports anglais, et en ont brûlé un troisième.  La grande flotte anglaise est toujours à l’ancre , à deux milles de cette ville , en calme plat. Nos remparts sont amplement garnis de monde , et l’opinion générale ici est , que la ville n’a rien à craindre. Les anglais élèvent des retranchemens à Friederiksberg , palais d’été de la famille royale , à un demi-mille de cette ville. Nous avons des provisions en abondance. Les portes sont fermées. La défense de notre port consiste , outre la batterie des Trois Couronnes et les batteries de la ville , dans la batterie de Provenstein , où l’on a réuni quatre prames , une frégate , une batterie flottante , quatre frégates et dix chaloupes canonnières. Le courrier de la malle , allant de Copenhague à Kiel , a été arrêté par les anglais , le [illegible: 13?] , dans le Belt , mais ni les lettres , ni l’argent , ni rien de ce que la malle contenait , n’a été pris.

Tout ce qui précède n’est pas susceptible d’être taxé d’éxagération ; maintenant voici les carmagnoles  envoyées peut être au rédacteur du Correspondenten , par Bertrand Fauvelet de Bourienne : » Copenhague est dans l’état de défense le plus respectable. Le général Carstenkiold

» a tourné le flanc des anglais avec un corps de 11 mille hom. de troupes régulières , outre les

» milices. Ils sont conséquemment entre deux feux , et ne peuvent éviter la bataille. Depuis leur

» débarquement , on a déjà arrêté à Copenhague plus de vingt espions , les uns habillés en

» paysans,  les autres en habits de femme. Les anglais ont commencé hier à bombarder la

» citadelle , mais leurs ridicules bombes sont de la même espèce que celles qui lancèrent en

» 1801 ; elles crèvent presque toutes en l’air. Notre flotte de bombardes est sortie ce matin , et

» leur a fait un mal prodigieux. Nous ne doutons pas qu’ils ne soient définitivement battus  .

» On les a laissé débarquer sans les inquiéter , afin de les entourer et de les détruire. Le prince

» royal a donné ordre de brûler la flotte , en cas d’extrémité , plutôt que de la laisser dans les

» mains de l’ennemi. Lorsque M. Jackson lui donna douze heures pour prendre une résolution

» définitive , il ne mit pas autant de secondes à rejeter positivement ses propositions  »  .

Après l’audience donnée à Kiel , à M. Jackson , le 8 , le prince royal se rendit à Copenhague ; il traversa le Belt , déguisé en matelot , dans un bateau pêcheur que les croiseurs anglais arrêtèrent et laissèrent passer ; il arriva dans la capitale le 11 , y passa la journée , et le lendemain 12 , le roi , le prince royal et leur suite partirent de la capitale pour Colding dans le Jutland , où il arrivèrent en sûrété , ainsi que les présidens et quelques membres des bureaux publics. A son départ , le prince royal rendit la proclamation suivante :

« C o n c i t o y e n s ,

» Après avoir fait tous les arrangemens qu’exigent les circonstances présentes , je me hâte de

» rejoindre l’armée , pour me rendre aussi utile que je le puis à mes chers compatriotes , à moins

» qu’il ne survienne bientôt des circonstances qui , suivant mon désir , me permettent

 

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» de terminer tout d’une manière paisible et honorable.

» Copenhague , 12 Août 1807. »

» Signé Frédéric , prince royal.

M. Jackson , qui avait quitté Kiel le 8 , n’arriva que le 13 a Copenhague , afin d’y présenter , pour la dernière fois , ses propositions au comte de Bernstorff ; elles avaient pour objet de demander que le Danemark se joignît à l’Angleterre et à la Suède contre la France et la Russie. A sept heures du soir , on sut que M. Jackson était retourné à bord de la flotte , l’une et l’autre partie ayant refusé de se relâcher en rien.

De retour dans le Holstein , le prince royal fit sortir la proclamation suivante :

Proclamation du Roi de Danemark.

« Nous , Christian VII , par la grâce de Dieu , roi de Danemark , Norwège , etc. Savoir faisons , que l’envoyé d’Angleterre , Jackson , nous ayant déclaré , le 13 de ce mois , que les hostilités contre le Danemark allaient commencer , et nous ayant demandé un passe-port pour lui et sa suite, la guerre entre l’Angleterre et le Danemark peut être considérée comme déclarée. En conséquence , nous ordonnons à nos fidèles sujets de prendre les armes par-tout où il sera nécessaire pour frustrer les desseins perfides de l’ennemi , et repousser toutes attaques hostiles. Nous ordonnons , en outre , par la présente , que tous les vaisseaux anglais , ainsi que toute propriété appartenant aux anglais , et toutes les marchandises anglaises seront saisies par les magistrats et autres , et particulièrement par les préposés aux douanes , par-tout où elles seront trouvées.

» Notre volonté est aussi que tous les sujets anglais soient arrêtes comme ennemis de notre royaume ; jusqu’à e que , d’après nos ordres ultérieurs , ils puissent être transportés hors de nos états. Les magistrats tiendront la main à la stricte exécution de cet ordre , conformément aux instructions qu’ils recevront à cet effet ; et tous les vaisseaux et canots anglais qui approcheront de notre côte , seront considérés et traités comme ennemis.

» C’est encore notre volonté que tous les étrangers suspects soient surveillés avec la plus grande vigilance , et que les magistrats et les officiers inférieurs fassent toutes les recherches pour découvrir les espions. Enfin , nous jugeons nécessaire d’ordonner , qu’aussitôt après la publication de la présente , toute correspondance avec les sujets anglais cesse , qu’il ne leur soit fait aucun payement sous aucun prétexte , jusqu’à nouvel ordre , sous peine de punitions sévère contre les contrevenans.

» Pour le reste , nous nous reposons sur la justice de notre cause , et sur le courages et la fidélité éprouvés de nos sujets bien aimés.

» Donné sous notre sceau royal , dans notre forteresse de Gluckstadt , le 16 Août 1807r [sic]

» C. L. Baron de Brokdorf.

». J. M. Morutz. »

 

Le passage du roi et du prince royal , de l’île de Zéland dans le Jutland , offre les particularités suivantes : le roi était accompagné , en traversant le Belt , par l’adjudant général Lindholm , qui est toujours chargé de suivre le roi en pareilles occasions ; ils passèrent du Zéland dans l’île de Funen , la nuit du 12 au 13. Dans ce même temps , M. Jackson traversait le Belt. Plusieurs bâtimens de guerre anglais étaient en vue , et un officier d’une frégate anglaise vint visiter le yacht danois. Le roi et le prince royal ne furent pas reconnus. L’officier semblait ne pas savoir du tout ce qu’ill avait à faire , ni si les deux nations pouvaient être regardées comme étant en guerre ou en paix. M. Lindholm le trompa , en paraissant

 

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sur le pont avec son uniforme d’adjudant-général , en parlant d’un accommodement qui se négociait. Il demanda à être mené à bord de la frégate anglaise ; il s’y rendit , accompagné de deux adjudans du prince royal , qui se firent passer pour des officiers en congé qui retournaient à leurs régimens. Ainsi le prince et le roi évitèrent de tomber entre les mains de leurs ennemis , et furent sauvés par la présence d’esprit des personnes de leur suite.

Un de nos papiers a fait , au sujet de cet échappement , la réflexion suivante : « Cet événement semble être regardé en Danemark comme un grand sujet de triomphe. C’est une satisfaction que nous osons croire que personne en ce pays ci n’enviera aux bons et loyaux danois. Nous ne connaissons pas de circonstance qui eût pu donner plus d’embarras à notre gouvernement , que le saisie de ces deux grands personnages , l’un le beau – frère et l’autre le neveu de notre souverain. Qu’est-ce qu’on en aurait fait. Les aurait-on traités avec la surveillance et les restrictions avec lesquelles on traite ordinairement les prisonniers de guerre , ou bien les aurait-on reçus avec les égards marqués dus à leur perenté [sic] avec la famille royale de ce pays – ci ? Dans cette incertitude , nous nous félicitons cordialement que cette circonstance embarrassante n’ait pas eu lieu. Nous désirons ardemment la possession de la flotte des danois , mais nous n’avons rien à dire à leurs princes. »

Des lettres de Hambourg , du 21 , porte qu’on ne faisait plus de doute dans cette ville que les français ne fussent au moment d’entrer dans le Holstein , et que le corps du maréchal Bernadotte, fort de 25 mille hommes , était attendu à Hambourg du 25 au 26 ; mais que le prince royal avait pris la résolution de maintenir sa neutralité à main armée , et qu’il ne permettrait pas aux français d’entrer dans le Holstein.

La suite au Numéro prochain.

                                                           

A   V   I   S

  1. En conséquence du décès de notre digne et respectable associé feu James Wilson , nous prévenons le Public que la Maison qui a existé sous la raison de D’Arcy , Didier et Compagnie , se liquide , et n’éxiste plus dès ce jour.

Toutes les dettes contractées , ou créances appartenantes à ladite Maison , seront acquittées et reçues par nous soussignés.

Nous prévenons en même temps que les nouvelles affaires seront , dorénavant , dirigées par MM.  J. N. D’Arcy , Henry Didier et James Freeman , sous la raison de D’Arcy , Didier et Freeman.

Cap , le 4 Décembre 1807.

D’ARCY , DIDIER et FREEMAN.

                                                                                                                                                           

A  V  I  S    D  I  V  E  R  S.

Il est entré aux épaves du tribunal de paix de la Grande-Rivière , une Bourrique , poil brun , étampée au cou du côté du montoir JBP , ayant sur la cuisse du même côté une étampe illisible.

Une autre Bourrique , poil souris , étampée au cou du côté du montoir PPL , les deux dernières lettres entrelacées , ayant sur la cuisse du même côté une étampe illisible.

Un Cheval , poil gris , étampés sur la cuisse du montoir MIC , ayant aux palets une étampe illisible.

Lesdits animaux seront vendus le 14 du courant , si d’ici à cette époque ils ne sont pas réclamés.

Il a été enlevé , le 24 Octobre dernier , au bourg de la Grande-Rivière , une Bourrique , poil souris , tirant sur le brun , ayant le bout de l’oreille hors du montoir coupé , étampée au cou du même côté JS , et au cou du côté du montoir une étampe illisible , et au palet , à la cuisse du même côté ML L , les deux premières lettres entrelacées. Ceux qui en auront connaissance sont pries d’en prévenir M. Michel Louis , commissaire des guerres audit lieu , qui donnera récompense.

                                                                                                                                                           

Au Cap , chez P. Roux , imprimeur de l’Etat.

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