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News of the Napoleonic Wars, culled from various European sources, continuously populate the pages of La Gazette Officielle. The way in which Haitians wrote about Napoleon, often referring to him as a “usurper,” underscores their fear of his growing power and influence across the European continent. The northern Haitian government’s support for Great Britain’s attempts to check that power is evident throughout these reportages.

*Provenance: British Library

 

(  N u m é r o   31.  )

                                                                                                                                                           

 

GAZETTE OFFICIELLE

d e

L’ É T A T   D ’ H A Y T I ,

 

Du  Jeudi  3 Décembre 1807 , l’an quatrième de l’indépendance.

                                                                             

Chaque Peuple , à son tour , a brillé sur la terre.

Voltaire , Mahomet.

                                                                                                                

 

N O U V E L L E S   D I V E R S E S.

Guerre avec le Danemark ; Débarquement des Troupes anglaises dans le Zeeland ;

   Investissement de Copenhague ; Premières affaires avec les Danois ; Proclamations , etc. etc.

   etc.

L’anxiété dans laquelle on a été tenu en Angleterre , pendant quinze jours , sur les premières opérations de notre grande expédition dans la Baltique , vient d’être dissipée par l’arrivée de deux personnes chargées des dépêches officielles de l’amiral Gambier et du général Cathcart. M. Hill , secrétaire de M. Jackson , envoyé extraordinaire de S. M. Britannique auprès de S. M. Danoise , a apporté les premières , en date du 16 Août ; et M. Hoppner , fils du célèbre peintre de ce nom , est arrivé avec les secondes , datées du 22.

Peu de temps après l’arrivée de M. Hill , lord Mulgrave , premier lord de l’Amirauté , envoya au lord Maire le bulletin ci-après:

« Lord Mulgrave a l’honneur d’informer le lord Maire qu’on a reçu ce matin des dépêches de l’amiral Gambier , qui annoncent que le troupes , commandées par le lieutenant-général lord Cathcart , ont été débarquées , sans opposition , à Wisbeck , dans l’île de Zeeland , à huit milles au nord de Copenhague , le 16 Août , à cinq heures du matin. »

Lord Castlereagh , secrétaire d’état de la Guerre et des Colonies , adressa, de son côté , au lord Maire , le bulletin suivant :

« Il est arrivé ce matin des dépêches du lieutenant général lord Cathcart et de l’amiral Gambier, annonçant que le 12 d’Août , lord Cathcart avait joint l’amiral ; que le 13 , M. Taylor , ministre de S. M. à Copenhague , ayant quitté cette ville , sur le refus qu’avait fait le gouvernement danois d’entrer en arrangement , il avait été déterminé de débarquer l’armée le 14 de bon matin ; mais que les vents contraires avaient empêché les vaisseaux de guerre et les bâtimens de transport d’approcher du lieu du débarquement jusqu’au 15 au soir. Cependant l’armée fut débarquée le 16 de grand matin , au village de Wisbeck (1) à environ dix milles au nord de Copenhague , sans la moindre opposition. Lord Rosslyn était arrivé le 14 , devant l’île de Moen , avec l’armée venant de Stralsund. Le débarquement fait , les

                                                                                                                                                           

(1) Cet endroit est appelé Wiedbeck sur la carte de Zéland , par Faden.

 

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commandans des forces de terre et de mer de sa majesté ont publié une proclamation , dans laquelle ils rendent compte des circonstances qui les ont obligés de débarquer l’armée. Des lettres particulières du 17 , annoncent que Copenhague était complètement investie. Une division des troupes venues de Stralsund , était à l’ancre dans la baie de Chioge depuis la veille. Les batteries avaient tiré sur cette division sans aucun effet. »

Proclamation publiée le 17 Août par l’amiral Gambier et lord Cathcart , commandans en chef

   des forces de mer et de terre de Sa Majesté.

Vu que les derniers traités de paix , les échanges de territoires et les changemens de gouvernement agréés par plusieurs puissances , ont accru l’influence de la France sur le continent de l’Europe , au point de ne plus permettre au Danemark de maintenir sa neutralité , quel que fût son désir de la faire , et au point de rendre nécessaire à ceux qui continuent de résister aux agressions de la France de prendre des mesures pour empêcher que les armes des puissances neutres soient tournées contre eux.

Dans cette vue , le roi ne peut regarder avec indifférence la position actuelle du Danemark , et sa majesté a envoyé à sa majesté danoise des négociateurs munis de pouvoirs étendus , et chargés de lui demander , d’une manière amicale , les explications que les circonstances exigent , et son concours dans les mesures qui peuvent seules offrir quelque sécurité contre les nouveaux malheurs que les français méditent en se rendant maîtres de la marine danoise.

Le roi , notre royal et très – grâcieux maître , a donc jugé convenable de demander le dépôt temporaire , dans un des ports de sa majesté , des vaisseaux de ligne danois.

Dans les circonstances relative des puissances neutres et des puissances belligérantes , ce dépôt paraît si juste et si indispensablement nécessaire , que sa majesté a de plus jugé se devoir et devoir à son peuple d’appuyer cette demande par une flotte considérable et par une armée amplement fournie de tout ce qui peut être nécessaire pour l’entreprise la plus prompte et la plus hardie.

Habitans de Zéland , nous descendons sur vos rives , non comme des ennemis , mais pour notre propre défense , pour empêcher ceux qui si long – temps troublé la paix de l’Europe , de nous forcer à tourner contre nous vos forces navales.

Nous demandons un dépôt. Nous n’avons point songé à faire des prises. Loin de là , les assurances les plus solennelles ont été données à votre gouvernement , et nous les renouvelons au nom et par l’ordre exprès du roi , notre maître , que si l’on accède amicalement à notre demande , tous les vaisseaux appartenant au Danemark , lui seront rendus à la signature de la paix générale , dans le même état qu’ils auront été mis sous la protection du pavillon anglais.

Votre gouvernement peut , d’un mot , nous faire remettre dans le fourreau l’épée que nous avons tirée contre vous avec tant de répugnance ; mais si , au contraire , les manœuvres de la France vous rendent sourds à la voix de la raison et de l’amitié , le sang innocent qui coulera , et les horreurs du siège et du bombardement de votre capitale retomberont sur vos têtes et sur celles de vos cruels conseillers.

Les soldats et les matelots de sa majesté, tant qu’ils seront parmi vous , traiteront le Zéland aussi long-temps que votre conduite le permettra , sur le pied d’une province de la puissance la plus étroitement alliée avec la Grande-Bretagne , dont le territoire aurait le malheur d’être le théâtre de la guerre.

 

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Les personnes de ceux qui se tiendront tranquilles chez eux , et ne prendront aucune part aux hostilités , seront sacrées.

Les propriétés seront respectées et conservées , et la plus sévère discipline sera observée.

Toutes les provisions qui seront fournies , ou apportées au marché , seront payées à un prix qui sera réglé d’une manière équitable ; mais comme les armées ont constamment et immédiatement besoin de provisions , et surtout de vivres , de fourrage , de chauffage et de voitures , on sent très-bien que les réquisitions seront inévitables.

Il sera très-commode pour le habitans , et ils s’épargneront beaucoup de peines et pertes , si dans les districts il y a des personnes en place à qui on puisse adresser les réquisitions , et qui puissent en régler et recevoir le payement.

Si ces personnes sont nommées et remplissent leurs fonctions sans se mêler des affaires qui ne les concernent point , elles seront respectées , et toutes les réquisitions leur seront adressées par les départemens de l’armée et de la marine ; mais comme la modération de la part des habitans est essentielle au principe de cet arrangement, il est nécessaire que tous les individus quelconques , non-militaires , restent dans leurs domiciles respectifs ; tous les paysans et autres personnes qui seront trouvées les armes à la main , seuls , ou en petits partis , ou qui se rendront coupables de quelques actes de violence , doivent s’attendre à être traitées avec vigueur.

Le gouvernement de sa majesté danoise s’étant jusqu’à ce jour refusé à traiter cette affaire à l’amiable , une partie des troupes ont été débarquées , et toutes les forces sont prêtes à agir hostilement ; mais il n’est pas encore trop tard pour que la voix de la raison et de la modération se fasse entendre.

Donné dans le Sund , le 18 Août 1807.

Signé J. Gambier , amiral de l’escadre bleue , et commandant de la flotte dans la Baltique.

Signé Cathcart , lieutenant-général , et commandant des troupes britanniques dans le nord du

continent de l’Europe.

Les nouvelles apportées par M. Hopner, allant jusqu’au 22 Août , ont été communiquées au public dans le bulletin suivant :

« Peu après le débarquement des troupes , elles avancèrent pour investir Copenhague , et ne trouvèrent que peu d’oppositions dans leur marche. Un détachement des troupes allemandes , commandé par le général Derken , attaqua et emporta la fonderie royale , qui est située à environ huit milles de Copenhague ; elle était défendue par un major et 800 hommes , qui tous ont été faits prisonniers. Les danois avaient rassemblé , à Roschild , un petit corps , qui , pendant quelque temps , parut déterminé à tenir ; mais , à l’approche de nos troupes , il se retira avec précipitation. Quelques chaloupes canonnières de l’ennemi furent aussi obligées de se retirer. Toute notre perte , dans ces deux occasions , consiste en deux artilleurs et deux officiers , le lieutenant Lyons et l’enseigne Dickson. Nos troupes se sont emparé , à la fonderie , d’un grand nombre de canons , et d’une quantité de munitions.

« Quant les nouvelles sont parties , Copenhague était complètement investie ; les batteries étaient achevées , et l’on s’attendait qu’elles commenceraient à tirer sur la ville le 23. Lord Cathcart était d’opinion que ses forces étaient suffisantes pour emporter Copenhague d’assaut ; mais comme la ville est entourée par un large fossé plein d’eau , l’attaque aurait nécessairement coûté beaucoup de monde , et comme la place ne peut pas être secourue , sa seigneurie a jugé plus à propos de faire un siège dans les formes. On ne doutait pas que la ville ne se rendît dans peu de jours. Un grand nombre d’habitans riches avaient exprimé le désir qu’on fît une capitulation. Pour faciliter l’attaque du côté de terre , il a été décidé que la flotte attaquerait les batteries des Trois Couronnes , parce qu’en les faisant taire , nos vaisseaux pourraient se placer tout près de la ville , et même

 

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nous apprenons qu’avant le départ du cutter le Swan , qui a apporté les dépêches, et qui a fait voiles le 23 , nos vaisseaux avaient commencé à titer sur ces batteries. Après avoir investi Copenhague , lord Cathcart a donné des ordres pour empêcher que personne pût quitter la ville , si ce n’est les princesses , qui ont profité de cette liberté , et se sont retirées le 18.

» Nos troupes étaient toutes en parfaite santé et abondamment pourvues de vivres. Plusieurs gentilshommes de l’intérieur avaient consenti à remplir les fonctions de magistrats d’après notre autorisation. Il avait été fait des réglemens judicieux ; il avait été établi une discipline sévère , et au moyen de ces sages mesures , les habitans des campagnes apportaient sans difficulté des provisions à nos troupes , qui les leur payaient ponctuellement. »

A ces premiers rapports officiels , on peut encore ajouter les particularités suivantes , contenues dans diverses lettres arrivées du théâtre de la guerre. La brigade du général Baird fut la première qui débarqua ; celle de sir Arthur Wellesley fut la seconde , et celle du général Spencer la troisième. Le 19 , il y eut quelques escarmouches , dans lesquelles les danois perdirent environ 40 hom. , et les troupes britanniques environ moitié moins. Un convoi de poudre , consistant, selon les uns , en 100 chariots , selon d’antres en 40 seulement , et escorté par 100 hommes , fut intercepté , avec son escorte , sur le chemin de Copenhague. Les batteries des Trois Couronnes devaient être bombardées le 23. Cinq mille matelots et soldats de marine s’étaient offerts volontairement pour ce service. L’amiral Gambier avait fait mouiller aux quatre amarres , sur le bas fonds , un certain nombre de transports et d’autres petits batimens , afin d’y faire l’office de bouées , et d’indiquer le chenal aux bâtimens de guerre. Un calme plat étant survenu , les chaloupes canonnières danoises sortirent du port ; elles s’emparèrent d’une galiote qu’elles remorquèrent dans le havre intérieur , et mirent le feu à un caboteur de la baltique , qu’on avait pris et placé avec les transports pour le service en question. Cette circonstance n’avait fait aucun effet. Les troupes britanniques étaient dans les meilleures dispositions. On avait encore , écrit – on , trouvé le moyen de couper l’eau à la ville.

En attendant que l’on apprenne le résultat de l’attaque combinée qui dû être faite le 23 , par les forces de terre et de mer , il est curieux de connaître les dispositions , les mesures et les espérances de l’ennemi , d’après ses propres aveux. On a reçu la feuille d’Hambourg , le Correspondenten , jusqu’au 22. Cette gazette était autrefois célèbre par son impartialité et la vérité de ses informations ; aujourd’hui , qu’elle est placée entre la France et le Danemark , tout ce qu’elle annonce doit naturellement être suspect ; mais il est des faits sur lesquels elle ne peut induire en erreur , tels que les actes du gouvernement ; quant aux faits particuliers , on est le maître d’y ajouter le degré de confiance qu’on veut.

La suite au Numéro prochain.

                                                                                                                                                           

 

A  V  I  S    D  I  V  E  R  S.

Il a été enlevé , le 24 Octobre dernier , au bourg de la Grande-Rivière , une Bourrique , poil souris , tirant sur le brun , ayant le bout de l’oreille hors du montoir coupé , étampée au cou du même côté JS , et au cou du côté du montoir une étampe illisible , et au palet , à la cuisse du même côté ML L , les deux premières lettres entrelacées Ceux qui en auront connaissance sont priés d’en prévenir M. Michel Louis , commissaire des guerres audit lieu , qui donnera récompense.

                                                                                                                                                           

Au Cap , chez P. Roux , imprimeur de l’Etat.