About This Publication

If you’ve ever wondered what the King of Hayti donned to all these lavish celebrations held in honor of various members of the royal family, or about the kinds of fabric used to make the uniforms of the the royal guard, or perhaps what color the Haitian military wore, this issue has it all.  Continuing to narrate the celebration of the fête of the queen, the entire royal family (except for the king), is described as first having attended mass at the cathedral in Cap-Henry. Mass was followed by a parade in the Place d’Armes. After giving audience to the Minister of Finance and the Interior, Christophe joined the parade, mounting a “splendid horse,” evidently, wearing the uniform of the “gardes haytiennes,” which consisted of a “long coat, red lapels, black velvet cuffs and collar, white lining and bristles, red epaulettes, white short breeches, white stockings, boots, sako bordered by a red silk braid with a plaque of the king’s coat of arms; red silk cordons, red pompons.” Highly detailed descriptions of the fabric used for each different uniform in the royal military subsequently follows, along with a list of the various inscriptions sewn onto the pieces. The inscription on the uniform of the second company of the royal artillery, for example, reads, “Je disperse mes Ennemis” or “I scatter my enemies.” The issue finishes with a reprinting of the usual laudatory speeches praising the king and queen.

*Provenance: American Philosophical Society

 

LIBERTÉ, INDÉPENDANCE, OU LA MORT

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Gazette Royale d’Hayti,

Du 24 Août 1816, treizième année de l’indépendance.

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L’Union fait la Force.

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Du Cap-Henry, le 23 Août.

Suite de la Fête de S.M. la Reine.

Le 18, S. M. la Reine, S. A. R. le Prince Royal et LL. AA. RR. les Princesses Royales ont été à la messe à l’église cathédrale et métropolitaine, avec toute la pompe et la solennité usitées dans les cérémonies.

Une partie de la maison militaire et civile du Roi formait le cortège.

Au prône sa grâce monseigneur l’Archevêque annonça aux Dames de la capitale que S. M. la Reine, pénétrée des sentimens de sensibilité pour l’accueil flatteur qu’elle a reçu d’elles lors de son entrée, avait décidé de leur donner à dîner Dimanche prochain, 25 du courant, pour leur témoigner combien elle était satisfaite d’avoir reçu tant de preuves d’amour et de fidélité, et que comme Leurs Maiestés ne pouvaient pas se trouver dans ce repas, le Roi serait représenté par S. A. R. le prince Jean, neveu de S.M.; et S.M. la Reine, par S. A. R. la princesse Jean, sa nièce et sa Dame d’honneur.

Le Roi n’a pas été à la messe.

A l’issue de la messe, les troupes de la maison militaire du Roi ont défilé la parade sur la Place d’Armes, et ensuite la garnison de la capitale, composée des régimens du Roi et de la Reine infanterie, de la marine royale et d’un bataillon du 2e régiment d’artillerie.

Leurs Majestés s’étaient placées au balcon du palais pour voir défiler ces troupes.

Le Roi, qui sait toujours joindre l’utile à l’agréable, ayant remarqué, pendant que les troupes défilaient, que les drapeaux de ces vieilles phalanges étaient criblés par les balles, demanda aux dames qui étaient présentes, si elles ne seraient pas satisfaites que tous les régimens de l’armée eussent des drapeaux à l’instar de la maison militaire, dont elles avaient brodés les riches et superbes étendards; toutes ces dames se levèrent spontanément, et demandèrent à S. M. la même faveur, et qu’elle se feraient un vrai plaisir de broder les drapeaux de tous les régimens de l’armée; S. M. s’empressa d’acquiescer à leur désir, et félicita ces dames sur le zèle qu’elles ont toujours démontré pour la splendeur de notre pays.

Dans la même matinée, S. M. a donné audience au Ministre des finances et de l’intérieur. Les autorités de la capitale et beaucoup de personnes ont aussi eu l’honneur d’être présentées au Roi, S. M. les a toutes accueillies avec cette bonté et cette amabilité qui lui sont si naturelles.

A trois heures de l’après-midi, il y a eu une revue générale de la maison militaire du Roi, au Cours de la Reine.

Après que toutes les troupes se furent réunies sur la Place d’Armes, dans la plus grande tenue; royale artillerie, gardes du corps, gardes haytiennes, chasseurs de la garde, chevau légers du Roi, de la Reine et du Prince Royal, défilèrent tambour battant et enseignes déployées, au son de la musique et des trompettes, et allèrent se ranger en bataille au Cours de la Reine, pour attendre l’arrivée du Roi.

S. M. se rendit au Cours de la Reine, montée sur un superbe cheval de bataille, richement caparaçonné; elle avait à ses côtés S. A. R. le Prince Royal et les grands maréchaux qui étaient présens dans la capitale; les aides de camp précédaient, portant l’étendard royal; S. M. était environnée d’un nombreux état major.

S. M. avait le grand uniforme des gardes haytiennes.

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Arrivée sur la place où les troupes étaient rangées en bataille, S. M. mit pied à terre, et passa la revue de l’infanterie, dans le plus grand détail, en commançant par le premier corps et successivement des autres.

Pendant l’intervalle que le Roi passait la revue, arrivèrent S. M. la Reine, LL. AA. RR. les Princesses Royales et les dames de la cour dans leurs carrosses.

S. M. la Reine, LL. AA. RR. et les dames allèrent se mettre sur des sièges qui avaient été placés sur un gradin élevé en face de la place par où les troupes devaient défiler.

Lorsque S. M., eut fini avec l’infanterie, elle monta à cheval et se porta rapidement sur la cavalerie, qui fut également passée en revue; et ensuite S. M. alla se placer sur le gradin où était la Reine, avec son grand état-major, pour voir défiler la parade.

S. E. M. le lieutenant général comte de Valière commanda les évolutions; et les troupes défilèrent en présence de Leurs Majestés, dans le plus grand ordre, au bruit de la musique et des tambours: Leurs Majestés reçurent le salut de l’épée par les chefs des corps, et le salut des étendards selon l’usage.

Une partie des troupes avait déjà défilée, lorsque le ciel se couvrit de nuage, le temps menaça de la pluie, quelques gouttes même tombaient déjà; cet incident contraignit S. M. la Reine et les dames de regagner leurs voitures.

Le Roi ordonna d’accélérer la marche des troupes; et ce contre-temps empêcha S. M. de commander en personne les grandes manœuvres de l’infanterie, comme elle se l’était proposée; mais en revanche, lorsque l’infanterie eut fini de quitter la place, S. M. se mit à la tête de la cavalerie et ordonna, en personne, les évolutions; après des marches et contre marches, plusieurs charges de cavalerie furent exécutées au trot et au galop, par escadron et par régiment, avec, la plus grande précision; après ces manoeuvres, la cavalerie défila par pelotons, en suivant le bord de la mer, se rendit sur la Place d’Armes, fit encore plusieurs évolutions et s’en retourna au quartier.

Une foule immense d’habitans de la ville, de tout sexe et de tout âge, et beaucoup d’étrangers s’étaient rendus au Cours de la Reine pour satisfaire leur curiosité.

Notre jeune Prince Royal, à la tête de ses chevau-légers, s’est fait particulièrement remarqué par son zèle et son activité pour exécuter les commandemens de son illustre et auguste père, de la manière qu’il parcourait les rangs sur un coursier fougueux; son air martial et guerrier nous présage ce qu’il sera un jour, et nous donne les plus grandes espérances.

On a vu aussi avec un vif intérêt le prince Eugène, duc du Môle, à la tête des chasseurs de la garde, marcher d’un pas ferme et commander d’une voix assurée. Ce jeune Prince, doué d’heureuses dispositions, cultivé par d’habiles maîtres, joint à son application à ses études, parviendra, avec le temps, à être un militaire consommé dans le grand art de la guerre.

Dans cette revue l’on a admiré l’ensemble des troupes; la régularité et la précision de leurs mouvemens annoncent comme elles sont disciplinées et exercées dans les manœuvres la beauté et la richesse des uniformes, leurs superbes étendards et leurs armés étincellantes formaient le plus beau coup-d œil.

Nous croyons faire plaisir à nos lecteurs, qui n’ont pas été présens à cette revue, en leur donnant la description détaillée des uniformes et des étendards des troupes de la maison militaire du Roi.

Le grand uniforme de royale artillerie, est habit long, vert, revers, paremens et collet cramoisi, doublure et passe-poils rouge, boutons dorés aux armes du roi, aiguillettes de soie jaune, pantalon vert galonné en soie jaune, sako galonné idem, avec la plaque aux armes du roi, tresses en cordonnet de soie jaune, panache jaune, brodequins.

Le grand uniforme des gardes du corps, est habit blanc, long; revers, paremens, collet et passe-poils cramoisi, doublure rose, boutons dorés aux armes du roi, les pattes de l’habit en travers, galonné en soie jaune sur toutes les coutures, la culotte et le gilet blanc, brodequins, sako galonné en soie jaune, avec la plaque aux armes du roi, tresses en cordonnet de soie jaune, aiguillettes en soie idem, panache blanc.

Le grand uniforme des chevau légers du roi, est habit long, bleu céleste, collet cramoisi, passe-poils et doublure rose, revers et paremens blancs, boutons dorés aux armes du roi, aiguillettes de soie jaune, pantalon bleu céleste galonné en soie jaune, sako galonné idem, avec la plaque aux armes du roi, tresses en cordonnet de soie jaune, panache bleu céleste, bottes à la houssard.

Le grand uniforme des chevau légers de la reine, est habit long, cramoisi, collet, revers, paremens et doublure bleu céleste, passe-poils jaune, boutons dorés aux armes de la reine, aiguillettes de soie jaune, pantalon cramoisi galonné en soie jaune, sako galonné idem, avec la plaque aux armes de la reine, tresses en cordonnet de soie jaune, panache rouge, bottes à la houssard.

Le grand uniforme des chevau-légers du prince royal, est habit long, vert, collet, revers et paremens rose, passe-poils et doublure jaune, boutons dorés aux armes du prince royal, aiguillettes de soie jaune, pantalon vert galonné en soie jaune, sako galonné idem, avec la plaque aux armes du prince royal, tresses en cordonnet de soie jaune, panache vert, bottes à la houssard.

Le grand uniforme des grenadiers de la garde royale, connus sous le nom de gardes haytiennes est habit long, rouge, revers, paremens et collet de velours noir, doublure et passe-poils blancs, épaulettes rouges, culottes courtes blanches, bas blancs, brodequins, sako bordé en galon de soie rouge avec la plaque aux armes du roi; tresses en cordonnet de soie rouge, pompons rouge.

Le grand uniforme des chasseurs de la garde, est habit rouge, long, revers, paremens et collet vert, passe-poils et doublure jaune, boutons dorés aux armes du roi, sako bordé en galon de soie vert, avec la plaque aux armes du roi, tresses en cordonnet de soie verte, pompons vert, épaulettes de même, culottes courtes blanches, bas blancs, brodequins.

Royale artillerie a deux enseignes par compagnie; celles de la première compagnie en pekin bleu de roi avec les armes royales d’un côté, et la devise du Roi, et au-dessus l’inscription : Royale Artillerie, Première Compagnie; et de l’autre rôle, une bombe éclatée en l’air, avec l’inscription: Je triomphe de mes Ennemis.

Celles de la deuxième en pekin rouge avec les armes royales d’un côté, avec l’inscription: Deuxième Compagnie; et de l’autre côté une fusée éclatée en l’air, avec le moto: Je disperse mes Ennemis.

Les gardes du corps ont deux enseignes par compagnie.

Les enseignes de la première compagnie des gardes du corps sont en pekin noir, avec les armes royales brodées au milieu, et la devise du Roi, Dieu, ma Cause et mon Epée; et au-dessus l’inscription: Garde du Corps, Première Compagnie.

Les enseignes de la deuxième compagnie sont en pekin rouge, elles ont un phénix couronné, avec ces mots: Je renais de mes Cendres; et au-dessus l’inscription: Garde du Corps, Deuxième Compagnie.

Les chevau-légers ont quatre étendards par chaque corps, deux par compagnie.

Ceux des chevau légers du Roi sont en pekin bleu céleste, avec les armes et la devise royales d’un côté, la désignation du corps et de la compagnie; et de I’autre un soleil dans son éclat, à côté le chiffre du Roi, avec ces mots: Il luit pour Tous.

Ceux des chevau-légers de la Reine sont en pekin cramoisi, avec les armes de la Reine et cette devise tout au tour d’un olivier fleuri: Qu’à son Instar les Arts et les Champs fleurissent; et au dessus de ces armes la désignation du corps et de la compagnie d’un côté, et de l’autre le chiffre de la Reine une M et un L entrelacés, entourés de roses et de lauriers, surmontés de la couronne royale, au bas du chiffre un cœur enflammé avec ces mots: Pour le Roi et la Patrie.

Ceux des chevau-légers du Prince Royal sont en pekin vert, avec les armes du Prince Royal, et la devise du Prince Les Jeux de l’enfance annoncent les grands Hommes; au-dessus de ces armes la désignation du corps et de la compagnie d’un côté; et de l’autre côté le génie de la patrie embouchant la trompette, à ses pieds le moto suivant: Je l’inspirerai et il prospérera.

Les enseignes des gardes haytiennes sont au nombre de dix, deux à chaque brigade, la première est en pekin noir, la deuxième en rouge, la troisième en bleu de ciel, la quatrième en vert et la cinquième en blanc; chaque enseigne a d’un côté les armes du Roi brodées au milieu avec la devise royale, et de l’autre côté l’inscription: Gardes haytiennes, avec le numéro de la brigade à qui appartiennent les enseignes, ainsi que cette légende: La Victoire couronne la Valeur.

Celles des chasseurs de la garde sont au nombre de six, deux à chaque compagnie; la première compagnie, enseignes de pekin bleu de roi, la deuxième compagnie en pekin rouge, et la troisième en pekin bleu de roi; comme la première compagnie, toutes ont les armes du Roi brodées d’un côté, avec l’inscription: Chasseurs de la garde, et le numéro de la compagnie, et de l’autre côté des enseignes, de la première compagnie est un soleil dans son éclat, avec l’inscription; Je dissipe les Ténèbres.

A la deuxième compagnie, une flèche placée horisontalement, et au dessous les mots: Aussi prompt que l‘Eclair.

A la troisième compagnie, un cor de chassa avec l’inscription: Je sonne la Terreur.

Tous ces étendards ont été richement brodés par les dames du Cap-Henry, les dessins, les armoiries et les inscriptions, ont été exécutés à l’aiguille et en soie; les différentes nuances ont été tellement imitées, qu’on croirait en les regardant qu’elles sont faites par le pinceau du peintre, plutôt que par la main de ces habiles brodeuses; ce qui a dû occasionner des soins et un travail infini.

Le soir Leurs Majestés assistèrent à la comédie, et au sortir du spectacle, il y eut au palais un grand bal paré, qui a duré jusqu’au jour.

Du 19, à neuf heures du matin, S. M. donna audience à Mrs les Négocians étrangers, qui lui furent présentés par M. le baron de Dupuy, secrétaire interprète du Roi. S. M a daigné adresser la parole à ces messieurs, s’informer de la situation de leurs affaires, et leur a témoigné le désir qu’elle avait de les voir prospérer dans leurs relations commerciales avec le Royaume.

Alors M. John Shoolbred, négociant anglais établi au Cap Henry, comme organe du commerce étranger, a adressé à Sa Majesté le discours suivant:

SIRE,

Nous, les négocians étrangers établis dans la capitale du royaume d’Hayti, sommes bien reconnaissans que Votre Majesté nous a accordé cette occasion de vous exprimer les sentimens de haute considération et de respect que nous avons pour Votre Majesté, dont la valeur et les talens ne sont pas moins connus dans les pays d’où nous sommes sortis, que dans le royaume qui fleurit sous les soins paternels du Souverain auprès de qui nous avons l’honneur de nous rendre aujourd’hui.

Nous avons été témoins de l’enthousiasme que votre peuple a manifesté à l’arrivée de Votre Majesté au Cap-Henry, et nous ne pouvons pas manquer de vous assurer que nous nous participons libéralement dans la joie occasionnée par la présence de Votre Majesté.

Quand Votre Majesté jette ses regards sur nous, Elle voit des hommes qui aiment leur patrie! Et pourquoi? parce que la liberté et l’indépendance existent dans leur pays; c’est ainsi quand nous portons nos yeux sur Votre Majesté, nous reconnaissons avec plaisir le Souverain qui a établi la liberté et l’indépendance du peuple haytien.

Sire, nous vous prions d’agréer la grande opinion que nous avons des vertus de sa majesté la Reine, votre aimable épouse: nous avons souvent entendu parler des rares qualités qui caractérisent cette grande Princesse; et c’est avec beaucoup de sincérité que nous désirons qu’Elle continue long-temps à orner la place élevée dans laquelle Votre Majesté est parvenu de la placer par votre bravoure et par votre sagesse; et nous souhaitons également que votre fils aîné, le Prince Royal, ainsi que les Princesses Royales puissent imiter les vertus de leurs augustes père et mère.

Sire, tandis que nous avons pleine raison d’être content de l’accueil favorable que nous recevons dans toute l’étendue de votre royaume, nous sentons la nécessité de parler particulièrement de la protection et de la bienveillance que porte

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envers nous, votre digne représentant, monseigneur le Gouverneur de la capitale, comme aussi de la grande satisfaction que nous éprouvons dans toutes nos transactions mercantiles avec M. votre Secrétaire interprète.

Nous souhaitons, cordialement, à V. M. tout le succès dans tous vos efforts, pour le bonheur et le salut de votre peuple, et nous espérons que tous leurs vœux pour la santé et la prospérité de Votre Majesté, ainsi que celle de la Famille Royale, soient accomplis.

Nous avons l’honneur d’être avec le plus profond respect,

De Votre Majesté,

Les très-humbles et très-obéissans serviteurs,

John Shoolbred, Thos Strafford, J.F.Rawlinson, Harrison Jams. Thompson, C Struckmann, Sam1 D Myers , Henry Bourne, Robert Scot, Beesley, A Cutting, W. French, Sam1 Cooper, P. J. Schabner, W. Mallet, John White, Chas. Conneli, John Michelson, Thomas Ashmeade, Robert Montgomerie, et Sam1 T. Coit.

Sa Majesté a répondu en ces termes:

MESSIEURS,

Je suis satisfait de vous voir réunis, et sensible aux sentimens que vous venez de m’exprimer; mes intentions sont d’encourager et de protéger le commerce; et mon plus grand désir est de vous voir prospérer dans vos relations commerciales.

Si vous avez quelques représentations à me faire concernant vos affaires de commerce, je les accueillerai favorablement.

Mes ordres sont donnés pour faire respecter vos personnes et vos propriétés, et vous faire jouir de la protection et de la sécurité, qui vous sont accordées par les lois du royaume.

M, le baron de Dupuy, s’est empressé de rendre dans la langue anglaise, la réponse de S. M. à laquelle messieurs les Négocians ont répondu spontanément par les cris de vive le Roi!

S. M. s’est retirée, et quelques instans après, messieurs les Négocians ont été reconduits par M. le baron de Dupuy.

Le 20, Leurs Majestés, le Roi et la Reine montèrent à cheval, et allèrent passer la journée à la Bande-du-Nord, au Pont Dahomet ci devant Port Français); toute la cour était à cheval; les dames étaient remarquables par l’élégance de leurs costumes; elles étaient toutes habillées en amazones, avec des petits chapeaux de la dernière élégance, ornés de plumes d’autruches, et montées sur des chevaux superbes; ces dâmes formaient à l’œil de l’observateur le plus beau coup-d’œil qui se soit jamais présenté à sa vue.

Leurs Majestés rentrèrent dans l’après-midi du même jour dans la capitale.

Le 21, veille du départ de Leurs Majestés pour le palais de Sans-Souci, toutes leurs actions, dans le cours de la journée, furent autant d’actes de bienfaisance.

Une somme conséquente fut mise, par Sa Majesté la Reine, à la disposition de plusieurs dames respectables de la ville, connues par leur piété et leur charité, pour être repartie aux personnes indigentes, qui sont incapables, par leurs âges ou leurs infirmités, de travailler pour gagner leur existence.

Une autre somme considérable fut aussi mise à la disposition de M. le Baron de Dupuy, chargé de faire les préparatifs nécessaires pour le repas donné par Sa Majesté la Reine aux habitans de la capitale.

Le Roi, voulant signaler la fête de sa bien-aimée épouse, par des actes de clémence, fit mettre en liberté plusieurs prisonniers.

S. M. daigna s’occuper du mariage des enfans naturels de feu S. E. M. le comte du Dondon; ayant voulu, en reconnaissance des bons services qui lui avaient été rendus et à la patrie, par le feu Comte durant son vivant, répandre ses bienfaits et sa munificence sur ses enfans.

Combien ne devons-nous pas chérir un Souverain qui nous récompense de nos services, même au-delà du trépas, en répandant ses bienfaits sur notre postérité? Quelles louanges! Quelles actions de grâces ne devons-nous pas aux bontés paternelles de S. M., et quels puissans motifs d’encouragement, quels stimulans pour nous de redoubler de zèle et d’ardeur pour son service!

Pendant le cours de cette journée, LL. MM. ont répandu sur une infinité de personnes leurs dons et leurs libéralités; toutes celles qui ont eu besoin d’approcher de Leurs Majestés ont eu accès librement auprès d’elles, et en ont été accueillies avec cette bonté, vraiment touchante, qui ajoute encore un nouveau prix aux faveurs que l’on en obtient toujours.

Les habitans de la capitale se ressouviendront long-temps de la présence de Leurs Majestés; c’était celle du père et de la mère de famille au milieu de leurs enfans, et qui daignaient descendre jusqu’à eux par bonté et par grandeur d’âme: en effet, lorsqu’on est parvenu à un rang, où l’on ne peut plus monter, la véritable grandeur est de savoir se mettre à la portée de tout le monde; et notre auguste Souverain, en agissant ainsi, est d’autant plus grand, qu’il se souvient qu’il est homme et qu’il commande à des hommes!

Dans la même soirée, il y eut grand bal au palais qui a duré jusqu’à l’instant du départ: durant le bal, S. M. a été très-gaie; une infinité de personnes de la ville s’était mise au-devant des portes et fenêtres de la salle du bal pour voir danser; S. M. a daigné leur adresser, en riant, plusieurs fois la parole, et a fait démasquer elle-même ce qui pouvait nuire à leur vue: S. M., avec cette bonté vraiment admirable, leur a promis que Dimanche prochain, après le repas que leur donnait S. M. la Reine, qu’à leur tour elles danseraient dans la même salle du bal.

Au sortir du bal, à quatre heures du matin, Leurs Majestés, S. A. R. le Prince Royal et LL. AA. RR. les Princesses Royales, montèrent en voitures, suivies de toute la cour, et s’en retournèrent à Sans-Souci, emportant avec elles les vœux et les bénédictions du peuple de la capitale!

La Suite à l’Ordinaire prochain.

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Au Cap-Henry, chez P. Roux, imprimeur du Roi.