About This Publication

Today’s issue is the ninth to appear in 1817, meaning that there were three additional issues published between the present issue, dated October 10th,  and the previous issue to appear on this site, dated August 14th, which is listed as issue number 5. The present number details the infamous Septimus Tayler episode, whereby the government of Christophe refused to negotiate with this US agent, sent by President John Quincy Adams, because Tayler did not recognize Christophe as a sovereign ruler, on the one hand; and on the other hand, because the documents in Tayler’s possession meant to open negotiations about some cargo Christophe had seized from US merchants back in 1812, referred to Hayti as Saint-Domingue, and Cap-Henry as Cap-Français. This issue also details how Haitians freed a ship of captive Africans destined for slavery elsewhere in the Americas, gleefully reporting the Haitian military’s capture of the ship and the government’s subsequent release of 145 of “our unfortunate brothers, victims of greed and the odious traffic in human flesh.” A much less celebratory article describes the death in Paris of Christophe’s son, Ferdinand. This account of young Ferdinand’s death adds a detail that is not in Baron de Vastey’s rendition of these events published in his Réflexions poltiiques (1817). Here we learn that Christophe’s son had been allegedly poisoned in Paris on the orders of the French government. This issue finishes with a poem by Juste Chanlatte, the Comte de Rosier, and a printing of the customary trade statistics.

*Provenance: National Library of Denmark (Courtesy of Julia Gaffield)

[N° 9]

LIBERTÉ, INDÉPENDANCE OU LA MORT.

GAZETTE ROYALE D’HAYTI,

Du 10 Octobre 1817, quatorzième année de l’Indépendance.

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L’Union fait la Force.

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New-yorck, le 8 Septembre 1817.

LE capitaine Fisher, qui a quitté le Cap-Henry, (Hayti) le 14 du mois passé, nous assure que la frégate le Congrès y fut bien reçue; et que M. Tayler et les officiers de la frégate furent très-bien accueillis par les autorités de cette ville , et que toutes espèces de politesses et d’attentions leur ont été prodiguées; que la seule cause qui a empêché une échange du salut, a été, que le gouverneur ne pouvait le retourner sans une permission du Prince, qui était dans ce moment absent de Sans-Souci; il fut permis à la frégate de prendre toutes espèces de provisions et de rafraîchissemens, sans payer les droits auxquels sont sujets les bâtimens marchands.

Le capitaine Fisher, croit que le certificat d’appointement du gouvernement américain, qui fut présenté par M. Tayler, à l’interprète du Cap-Henry, portait Cap-Français St-Domingue, est la seule cause qui ait empêché les progrès de la mission dont il était chargée.

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Note Officielle.

Pour lever Ions les doutes, que pourrait faire naître l’arrivée de la frégate américaine le Congrès dans le port de la capitale, ayant eu à son bord M. Tayler, et pour ôter également tous motifs de calomnies aux ennemis d’Hayti, nous sommes autorisés de publier les documens suivans:

Un gouvernement fort de lui-même, par ses principes de sagesse et de justice, ne craint pas de faire connaître la vérité; on verra dans ces documens le désir qu’a démontré notre gouvernement d’établir des relations de commerce et d’amitié avec Je gouvernement des États-Unis d’Amérique, toutefois, qu’elles seraient fondées sur les rapports politiques, les usages et la réciprocité, qui doivent exister de gouvernement à gouvernement.

On y verra, que si le commerce sûr, lucratif et avantageux, qui existe depuis plus de 25 ans, entre les deux peuples, n’a pas eu un degré d’extention de plus, cela n’a dépendu uniquement que du gouvernement des Étas-Unis d’Amérique

ROYAUME D’HAYTI

Au Palais de la Grande Rivière, le Ier Août 1817; l’an 14e de l’indépendance.

LE SECRÉTAIRE D’ÉTAT.

Ministre des Affaires Etrangères d’Hayti, etc.

A Monsieur le baron de Dupuy, Secrétaire et Interprète du Roi, etc.

Monsieur le Baron,

J’ai reçu votre lettre du jour d’hier, qui m’annonce l’arrivée de la frégate américaine le Congrès, dans le port la capitale, avec M.Tayler, qui s’est annoncé comme agent pour le commerce des États-Unis d’Amérique. En apprenant l’arrivée de M. Tayler , je m’attendais à recevoir des dépêches de son gouvernement et des lettres qui l’accréditaient auprès de la Cour d’Hayti; mais j’ai été étrangement surpris d’après le rapport fine que vous m’avez fait, qu’il n’était porteur que que d’une

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simple certificat couché dans des termes inusités, inadmissibles , et de plus renfermant les mots de Cap-Français et d’ile de Saint-Domingue, expressions impropres et injurieuses au gouvernement de Sa Majesté.

Malgré le désir que Sa Majesté aurait de voir s’établir des relations de commerce et d’amitié, entre les deux gouvernemens , je suis dans la nécessité de vous charger de notifier à M. Tayler qu’il ne peut être reçu et considéré, comme agent de commerce, n’étant pas muni de pièces authentiques en bonne et due forme, qui l’accréditent suffisamment auprès du gouvernement d’Hayti.

Comme M. Tayler ignoresans doute les usages établis dans le royaume, pour les communications diplomatiques de gouvernement à gouvernement, vous les lui ferez connaître, et lui remettrez un exemplaire de la Déclaration du Roi, en date du 20 Novembre, 1816.

Je regrette que Sa Majesté étant en ce moment en tournée, ne puisse donner une audience à M. Tayler et au capitaine de la frégate le Congrès comme ils le désirent.

J’ai l’honneur de vous saluer avec considération.

COMTE DE LIMONADE.

Traduction du Certificat.

A tous ceux que ces présentes verront salut.

Je certifie que Septimus Taylcr, écuyer a été appointé par le Président des Etats-Unis, pour résider au Cap-Français dans l’ile Saint-Domingue, en qualité d’agent de commerce et de Marine des États- Unis d’Amérique, avec plein pouvoir, privilège et émolumens y appartenant.

En témoignage de quoi, moi Jas Monroe, Secrétaire d’État des États-Unis, j’y ai souscrit mon Nom, et ai fait apposer les sceaux du département de l’État.

Donné dans la cité de Washington, le 18 Décembre 1816.

Signé Jas. Monroe.

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Quelques personnes ont témoigné leur étonnement, de ce que les bâtimens étrangers qui entrent dans nos ports, ne reçoivent pas le retour du salut qu’ils font à leur arrivée, suivant l’usage établi parmi les nations; comme ces personnes pourraient attribuer à d’autres motifs, l’ordre qui a été donné à ce sujet, nous croyons devoir les instruire, que le gouvernement n’a été porté à prendre cette mesure, que par les motifs d’une sage et prudente économie.

En effet, les bâtimens qui entrent et sortent continuellement de nos ports, les vaisseaux de guerre des nations amies, qui tiennent pour prendre des provisions et des rafraîchissemens, nous occasionneraient une grande consommation de poudre (objet précieux pour notre conservation) s’il fallait que nous leur rendissions leur salut, à toutes les fois que nous les recevrions.

En conséquence, le Ministre de la guerre et de la Marine, a ordonné, que le salut d’usage ne serai rendu qu’aux bâtimens de guerre, d’une nation amie ou alliée, lorsqu’ils seraient expédiés par leur gouvernement avec des dépêches, ou en mission officielle auprès du gouvernement haytien; et que différemment, le retour du salut se ferait de toute autre manière, en bons procédés, complimens et politesses, etc. etc. plutôt qu’en dépense de poudre.

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Par un effet de la Providence, qui protège toujours les malheureux; nous venons d’avoir le bonheur de délivrer de l’esclavage, cent quarante-cinq de nos infortunés frères, victimes de la cupidité et de l’odieux trafic de chair humaine.

La goëlette sous pavillon portugais, la Marie Jose, de cent vingt tonneaux, capitaine Joas Feliciano, sortant de Bonavista, une des îles du Cap-Vert, allant soi-disant à la Havanne; chassée par le travers de Lagrange, par un bâtiment de guerre anglais, s’est vu obliger d’entrer dans notre port, pour échapper à sa poursuite, et sans doute, croyant y trouver un refuge et des complices, pour favoriser son commerce illicite, atroce et criminel.

Le subrécargue de la goëlette étant mort dans la traversée, et le capitaine malade à bord d’une fièvre pestilentielle, produit de cet infâme trafic; châtiment qui frappe souvent les bourreaux, comme les malheureux, qui en sont les infortunés victimes; le maître d’équipage, seul commandant à bord, a déclaré que la goëlette avait été expédié de Bonavista pour le Brésil, mais lorsque le capitaine s’etait vu dangereusement malade, il lui avait fait confidence ,que sa véritable destination était pour la Havanne dans l ’ile de Cuba.

Les papiers de la goëlette, ont été incontinent vérifiés, et il a été reconnu qu’elle était la même, dont le nom primitif était le Rodeur, corsaire françai , appartenant soi-disant, à Elisha Field, citoyen américain, déjà saisie et condamnée à Sierra Léon, et ensuite vendue audit capitaine, pour la somme de trois-cent-soixante quinze puonds [sic]sterling. Et il appert que cet individu (que nous n’osons pas qualifier du nom d’homme) enclin à poursuivre son odieux trafic, s était rendu du Sierra-Leona à Bonavista, ou pour masquer son commerce illicite et criminel, il avait soi disant, vendu sa goëlette à un nommé Joas Antonio Coelho, sous le nom duquel, il a chargé les malheureuses victimes, qui devaient être vendus à la Havanne.

On lit dans le courrier de Londres, du 27 Mars, et dans le Journal des Débats du Ier Avril, que le brick colonial de Sa Majest, Le Prince Regent, avait capturé le schoner portugais le Rodeur, venant de Cayenne, et ayant à bord quatre-vingt esclaves, et que cette prise était entrée à -Sierra-Leona , le 26 Janvier; ce qui nous confirme, que cette goëlette est la même que le Rodeur, conduit dans notre port par la providence, pour mettra une fin à son horrible trafic.

Dès que les autorités du Ca -Henry, saurent ce que c’était que celte goëlette, des officiers furent dépêchés à bord, pour visiter et délivrer les infortunées de leur captivité; on ne peut se figurer dans quel état affreux ils étaient; une partie de ces malheureux, avait déjà péri dans la traversée, par les mauvais traitemens et le manque de nourriture; ceux qui avaient survécu, ressemblaient à des spectres prêts à mourir de misère et de d’inanition; dans cette situation, ils étaient encore enchaînés; depuis plusieurs jours, ils étaient réduits à une demie ration de riz par jour, c était la seule provision qu’il y

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avait à bord, et l’eau qu’ils buvaient était totalement corrompu; les haytiens s’empressèrent de leur ôter les fers, en leur disant qu ils étaient libres et parmi des frères et des compatriotes; il est impossible de se figurer la joie qui animait ces infortunés; ils se précipitèrent à genoux pour remercier leurs frères et leurs libérateurs ; ils versèrent des larmes; les haytiens émus de cette scène touchante pleurèrent aussi, les bourreaux seuls furent insensibles et regrettèrent de se voir arracher leur proie.

Aussi-tôt que notre Souverain bienfaisant, fut instruit de ces circonstances, il ordonna de faire confectionner du linge pour vêtir ces malheureux africains, qui étaient nud connue la main, hommes, femmes et enfans…..

Sa Majesté, ordonna qu’ils seraient débarqués immédiatement au Limbé, dans un lieu sain et aéré, pour y recevoir tous les soins et tous les secours possibles; deux chirurgiens y furent envoyés avec des médicamens, pour les traiter et les guérir de leurs maladies. Malgré tous les soins qu’on ait pu leurs portés, plusieurs ont péri, tant ils ont été maltraités à bord; et on aura bien de la peine à pouvoir sauver les autres.

L’affaire de la Goëlette est maintenant pendante à la cour de l’Amirauté du Cap-Henry; nous rendrons compte du jugement qui sera rendu par la cour; nous espérons qu’elle trouvera les moyens d empêcher cette goëlette de retourner pour la troisième fois, se livrer à faire ce commerce horrible, abominable, défendu par les lois des nations, et contraire à la nature, à la justice et à l’humanité.

Il est entré dans le port du Cap-Henry, le 10 du courant, deux chaloupes américaines ayant à bord le capitaine W. Atkinson et 10 hommes de son équipage.

Le capitaine a déclaré, qu’il commandait le brick américain Rapi , du port de 187 tonneaux; qu’il était parti de la Guira (Terre-Ferme) pour Baltimore, avec une cargaison consistant en cuirs en poils, café, cacao et indigo; que le 5 du courant au soir, il a eu le malheur de toucher sur les récifs, au Nor d’Est des Cayes-d’argent, et qu’il avait en vain employé tous ses efforts avec son équipage, pour retirer le bâtiment, et n’ayant pu y réussir, il a été forcé de s’embarquer avec son équipage sur lesdites chaloupes; il a tout abandonné, excepté les papiers qu’il a sauvés.

Le capitaine W. Atkinson rapporte, qu’avant son départ de la Guira, l’expédition espagnole qui avait ‘débarquée à l’île de la Marguerite contre les indépendans, était rentrée, ayant été contrainte d’évacuer l’île, et de la laisser au pouvoir des indépendans, après y avoir commis des horreurs et des assassinats contre tous ceux qui étaient tombés sous leurs mains.

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Lors de la Fête de St-Michel patron des aides de camp du Roi, qui a été célébrée à la Citadelle Henry avec la plus grande magnificence, rien n’a fait plus de sensation que l’action héroïque de nos deux jeunes Princesses Royales.

Leurs Majestés, la Famille Royale, suivies d’une Cour brillante et nombreuse, visitaient les différentes batteries de la Citadelle Henry; arrivée à celle du Prince Ferdinand, le souvenir de la mort déplorable de ce jeune héros, vint frapper l’ imagination, et affecter vivement tous les cœurs; chacun se disait mentalement les yeux remplis de larmes; Ferdinand n’est plus! il était le fils ainé du Roi, notre espoir, l’héritier du trône; envoyé en France pour son éducation, plein de confiance dans le gouvernement français; il fut victime de la plus noire trahison et de la plus infâme perfidie; il a été empoisonné à Paris, par ordre de ce gouvernement atroce; et a terminé ses jours infortunés dans une terre étrangère, loin de sa patrie, d’un bon père, d’une tendre mère et d’une famille chérie….O douleur! O regret! O perte irréparable!…..Le cœur plein de ces tristes réflexions, il fut proposé de faire un salut à la mémoire du feu Prince Ferdinand, par la batterie qui consacre son nom, au souvenir des haytiens; les pièces de 24 chargée, LL. AA. RR. Mesdames Première et Athénaïre, demandèrent à mettre elles-mêmes le feu aux pièces de canons.

L’âme modeste et pure de madame Première, sa douceur, son amabilité, relevées par ce zèle saint et ce transport martial ont rempli les cœurs d’un sentiment mêlé de surprise et d’admiration.

L’esprit, les grâces, le patriotisme distingué de madame Athénaïre, sa fierté de caractère digne d’une lacédémonienne, et son érudition qui nous rappelle les Sévigné etc. avaient acquis un nouveau lustre de cette scène tout-à-la fois guerrière et attendrissante. Ce spectacle s’est passé en présence des augustes auteurs de leurs jours, de leurs frères, des dames de la Cour et des aides de camp qui ont admiré tant de beauté, de bravoure et d’héroïsme.

S.Ex. M. le comte de Rosiers saisi de respect et d’enthousiasme pour la noblesse de ce trait, et désirant le consacrer au souvenir des haytiens, a de suite tracé les strophes suivantes.

Au loin quelle flâme étincelle ?

Sur qui fond la foudre des Dieux ?

Les Titans l’audace nouvelle

A-t-elle escaladé les cieux?

Non, d’Hayti c’est la merveille ( * )

Qui vient de frapper mon oreille

En l’honneur de notre Patron,

Déjà nos Princesses Royales,

De Bellone illustres rivales,

Se montrent dignes de leur tronc.

 

Hé! Quoi! beauté, douceur et grâces

Ont donc endossé le carquois!

Et sous leurs mains et sur leurs traces

Le bronze a donc grondé cent fois!

Ames candides et pudiques

Vertus et talents angéliques

Ont honoré nos étendarts,

Des bras de deux vierges timides

Les traits et les feux homicides

Vont s’élancer de toutes parts.

 

Tremblez, français ! deux sœurs armées

D’un frère ont hanté les remparts. ( ** )

Tremblez…. de sa perte àllarmées

Elles provoquent les hazards.

De la plus auguste victime

D’un Prince aimable et magnanime

Elles ont fait tonner l’airain,

Ferdinand! … ô douleur mortelle!

O rage! ô fureur criminelle!

Oui, tes sœurs ont la foudre en main.

 

Appaisez-vous, Ombre chérie!

Calmez vos regrets, vos douleurs;

Vos nobles Parents, la Patrie

Nese bornent point à des pleurs.

Voyez-vous madame Première,

De Mars affronter la carrière

Pour s’essayer à vous venger,

La jeune et fière Athénaïre

De Bellone adoptant l’empire,

Pour vous, mépriser tout danger?

 

Electrisés par leur exemple

Voyez nos cœurs audacieux

Servant à vos vertus de temple

N’aspirer qu’au jour glorieux

Où des Tyrans domptant la rage

Ils pourront d’un si grand outrage

Laver la honte et la douleur.

Ferdinand!… ton nom, ta mémoire

Pour nous, aux sentiers de la gloire.

Seront le cri de la valeur.

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(*) La Citadelle Henry.

(**) La Batterie de Ferdinand.

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VENTE PUBLIQUE

Il sera procédé le 20 du courant, à huit heures précises du matin ; à la maison de vente de cette ville aux plus offrans et derniers enchérisseurs, de la coque du brigantin le Phénix, avec ses agrès apparaux, et cargaison consistant ci-après :

Savoir,

Quatre barils de café.

Deux quarts de peinture.

Huit sacs de poivre.

Douze dito de cacao.

Neuf Potiches d’olive.

Six grandes chaudières.

Deux cents neuf caisses de sucre brut et terré.

Trente sept barils dito, dito dito.

Six balles contenant diverses marchandises.

Deux caisses dito, dito dito.

Une dito de soudure d’étain.

Une duo de thé.

Trois cent-quatre-vingt-douze barils de farine.

Deux dito d’encens.

Deux banques de vin rouge.

Une pipe dito de Madère.

Quatre tierçons de vin blanc.

Onze quarts dito de Malaga ou Ténériffe.

Et Deux lames de sabre dorée.

A la charge de payer comptant le montant des adjudications, à peine de folle enchère.

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ETAT des Habitations qui ont été accordées par la Commission de Vente et d’Aliénation des Biens Domaniaux du Royaume, aux Personnes qui les < ni soumissionnées.

 

S A V O I R

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Noms des Habitations                                               Noms des Personnes

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Sucrerie                                           Quartière                             Messieurs

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ci-devant     Patricot                     Terrier-Rouge.               Joseph Evariste

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CAFÉTERIES

 

Dubuisson Bellevue.                         L’acul.                                                Jn-Louis Lamour.

Dumas.                                               ditto                                                cher de Jn-L. Louis.

Sellier.                                                 ditto                                                de Chles Boreau.

Dubuisson.                                          ditto                                                Gille Paul.

Varette.                                                ditto                                                François Zéphir.

Desmangles.                                        ditto                                                Gaston Desmangles

Charron.                                               ditto                                                Jean-Jacques.

Gauvin.                                                 ditto                                                Joseph Azord.

Pochette.                                               ditto                                                Louis Zéphir

Hourqueby.                                            ditto                                                Cher de Pre Hardy.

Blondeau.                                             Limbé                                                de Lubin.

Lambert.                                                 ditto                                                Jean-Louis

Bosduet.                                                ditto                                                François Coriande.

Blac.                                                       ditto                                                Denis Anqré.

Saint-Brice.                                            ditto                                                Remis Jean-Bapt.

Milot.                                                    Borgne.                                                Paul et Joseph.

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COTONNERIES

Dubuisson, p. place.                           St. Marc                                                Cher deCandio.

Bellangé, p. place.                                ditto                                                Jn-Marie Gilles.

Ballu.                                                     ditto                                                Cher de J.Jh. Félix

Dumonbin.                                            ditto                                                de Jn.Jacq.Franç.

L’étang.                                           Petite-Rivière                                    la baronne ve. d’Almanjor

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En conséquence les personnes qui ont soumissionnées les biens ci-dessus désignées sont invitées de se présenter au Bureau de la Commission de vente et d’aliénation des biens dominiaux, à Sans-Souci, pour obtenir leurs titres de propriétés aux termes de la loi.

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PRIX COURANT DES DENRÉES

Café première qualité………..12 g. et demie le c.

Dito inférieur            ……………………11g. 50 c. dito.

Coton………………………………..22 g. le quintal.

Sucre brut…………………………6            dito   dito.

Cacao ……………………………….8 cens la livre.

Indigo………………………………75 dito dito.

Mélasse…………………………….63 dito la velte.

COMESTIBLES

Farine……………………………….16 gourdes le baril.

Vin rouge………………………….80 dito la barrique.

Hareng……………………………..6 dito le baril.

Bœuf salé…………………………14 dito dito.

Petit salé. …………………………24 dito dito.

Mantègue…………………………50 cens la livre.

Beurre……………………………..27 dito dito.

Morue………………………………7 gourd. le quintal.

Chandelles……………………… 25 cens la livre.

Bois équarris pitchpin……..38 gourd. le millier.

Dito sap…………………………..25 dito dito.
Essentes de pitchpin………..6 dito dito.

Dito de sap………………………2 g. 25 c. dito.

Huile douce en tombeau… 13 gourdes.

Dito en panier ou caisse……9 dito.

Dito de balcine…………………1 dito le galon.

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PRIX Courant des Denrées aux Gonaives

Café première qualité………10 g. 31 c. le cent.

Coton………………………………22 g. dito dito.

Sucre première qualité……8 g. dito.

Sirop……………………………..50 d. la velte.

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A Sans-Souci, de L’Imprimerie Royale.